BABETTE GINESTE La peinture l'a accompagnée depuis l'enfance, depuis un voyage scolaire en Hollande à l'âge de 12 ans qui l'a amenée au Rijksmuseum. "Je suis tombée en arrêt devant La Ronde de Nuit de Rembrandt", raconte-t-elle. Elle lui a laissé une marque indélébile. "J'ai été saisie par la lumière qui se dégageait de ce tableau, et je dirais aujourd'hui, par l'intensité de son affirmation et la maîtrise de sa mise en scène." Rien d'étonnant pour quelqu'un qui devait se tourner plus tard, devenue étudiante à Clermont-Ferrand, vers l'étude de la mise en scène du théâtre Shakespearien, la sémiologie et enfin le sous-titrage de films.
Depuis 1988, elle a travaillé avec, entre autres, Marco Ferreri (La Chair), Bertrand Tavernier (Daddy Nostalgie), Tran Anh Hung (L'Odeur de la papaye verte), Nicolas Philibert (Au Pays des Sourds) et traduit les films de Gurinder Chadha, Michael Moore, Vincent Gallo, Gus Von Sant, Mike Newell, Robert de Niro, Mel Gisbson, Abel Ferrara, Robert Rodriguez et de nombreux films de ciné club pour le Cinéma de Minuit sur France 3 (Capra, McCarey, Stahl, Walsh, DeMille, Hitchcock).
Elle écrit aussi. Nouvelles et théâtre. "Je m'inquiète pour un petit écart de poste" qui constitue le premier volet d'une trilogie dramatique avec "La Fiancée" et "L'Exil" a été mis en espace au Festival de la correspondance de Grignan en juillet 2002 et joué à Paris en décembre 2005 par la compagnie La Lisière qu'elle a créée en proposant une mise en scène polyphonique d'arts mêlés et combinatoires.
Mais toujours, en marge de son travail d'adaptation et d'écriture, il y a la peinture. Et la peinture a pris le devant de la scène. Résolument. "J'ai laissé ma peinture se déployer. C'est dans sa matière, dans son contact que je me coule, me retrouve, me délasse et me campe". C'est ce contact qu'elle offre au regard et interroge, direct et premier. La vivacité de ses sensations, contrastée et trempée dans des couleurs éclatantes, saisissantes parfois, en creux et en plein, nous est pudiquement mais assurément livrée. "Une peinture du geste, en quelque sorte, issue de la mémoire inconnue qu'elle explore, et qui me permet de renouer avec le signe. " Sitelle. Avril 2006.